Corpora Captiva

Affiche Captiva corporaChaque année les élèves de L’ÉCOLE sont amenés à travailler sur une création originale.

Cette année, la promotion 16/17, nous a présenté son travail les vendredi 26, samedi 27 et dimanche 28 mai, au théâtre du Gai Savoir.

Leurs thèmes de départ étaient jeunesse et maladie, et ils ont autour de ça, créé l’histoire de ces jeunes aux futurs incertains; de ces parcours face à la maladie, la mort ou encore la renaissance.

Il y a des orages dont on se passerait bien …


« C’est ça la mort, c’est tout jeune et c’est tout mort. Il y a tout le circuit de l’activité organique qui s’est fermé comme un œil. C’est l’extinction des feux finaux. C’est le beau travail achevé inachevé. C’est la création sans le ciel, la mer sans les vagues, une semaine sans week-end, j’en passe. Tout ton intérieur dégoulinant de fins réseaux s’est comme emmêlé définitivement dans sa pelote d’organes. Soie de coeur, poumons en velours, dentelles d’intestins. Tu es la belle endormie dans ton rêve infini, rêve insondable à mes yeux de pauvre vivant, vivant très pauvre, tout pauvre, face à toi, qui en sait plus que moi, en un claquement de souffle. Moi je te vois, bientôt tu seras invisible, et entre temps qui aura le privilège sacrilège (je le sens très fort) de te voir dans ton lit de bois avec des vers danseurs, baldaquin pour opéra funèbre ?  (…)

 (…) avant la vie on ne peut rien faire, après la mort on attife les cadavres. Et moi je les caresse, et même je leur donne mon amitié.  Je suis celui qui prépare les crevés avant leur gala au ciel ; je remets des cols, je tire des cravates, un coup de peigne sur une mèche folle, une bouche qui se tord déjà trop de rire ; des petits méas à combler pour des gazs tardifs, bref, à force d’être aux petits soins pour vous tous, je me sens proche du mystère : la mort. Je me sens très proche de la mort. Et toi, futur ange, je te renvoie à ton propriétaire, j’espère avoir noyé de mes graines tes derniers chagrins ; que le Seigneur te trouve en joie ! Que le seigneur te trouve en joie ! »

Extrait du texte du Thanatopracteur

 

Le Désenchanté : Tu fais la gueule. C’est moi qui vais crever comme un chien ici, et c’est toi qui fait la gueule.

La mère :  Je ne fais pas la gueule, je te trouve injuste c’est tout.  Je travaille toute la semaine au magasin, je me couche à point d’heure pour faire tourner la maison, m’occuper de ton père, ton frère, du linge, des repas, du ménage, des papiers, de tout ce qui entoure ta maladie. Et le samedi et le dimanche, qu’est-ce que je fais? Je viens te voir. C’est de me faute si je suis loin? Si je suis seule? Si ton père a peur? C’est de ma faute si tu ne veux rien entendre? Si tu ne veux pas voir que je t’aime? Si tu continues à m’agresser comme ça je te le dis franchement je ne viendrai plus te voir.

Le Désenchanté : Tant mieux. (elle sort) Maman!

Extrait – Scène Le désenchanté/ La mère


Travail dirigé par Coralie Trichard

Ecrit et interprété par : Matthieu Calvié, Adelin Canciani, Corentin Darre, Romain Ferrari, Maria Guell, Louis Marsot-Wyss, Nicolas Romatier, Pierre Vuaille

Production L’ÉCOLE – copyright / Photographies MT’s – copyright

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