Carte blanche #1

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PROMOTION 16-17 / L’ÉCOLE / FORMATION D’ACTEURS

Une fois par mois, les élèves ont Carte Blanche, et vous invitent à venir découvrir leur travail. Des projets qu’ils portent seuls du début à la fin.

Nous vous présentons celle de ce mois de Novembre 2016.

SPLENDID’S // Jean Genet

Imaginez …  Vous et votre groupe de malfrats, êtes bloqués au sommet d’un hôtel de luxe, un meurtre sur les bras.
Comment réagiriez vous ?
Balancer les copains ?
Se sacrifier pour le groupe ou accepter la sentence ?
Quand les masques tombent, on ne peut plus être sûrs de ses propres comparses…

Mise en scène : Romain Ferrari

Distribution : Mathieu Calvié / Corentin Darre / Romain Ferrari / Maria Guell / Louis Marsot-Wyss / Toandry Romaromisa / Nicolas Romatier / Pierre Vuaille

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Jean Genet (Paris19 décembre 1910 – id.15 avril 1986) est un écrivainpoète et auteur dramatique français. Par une écriture raffinée et riche, Jean Genet exalte la perversion, le mal, l’homosexualité et l’érotisme, à travers la célébration de personnages ambivalents au sein de mondes interlopes.

Romain Ferrari, élève de l’école qui a entamé sa deuxième année à nos côtés, se confie sur le travail effectué autour de cette première Carte Blanche :

 » Genet fait partie de ces auteurs avec lesquels je vis et me nourris. C’est mon panthéon. Ce qu’ils ont à dire, pour moi, c’est ce qui touche au point le plus sensible. Dans tous les domaines. J’avais déjà eu l’idée de monter « Haute surveillance » en juillet au Gai Savoir mais ça n’avait pas pu se faire. J’ai lu « Splendid’s ». Elle m’est restée en tête et lorsque j’ai constaté que nous étions 8 gars pour une dame, j’ai pensé à elle, étant donné que dans la pièce il n’y a que des hommes. Ensuite, après une lecture avec les autres, l’histoire de cette bande qui se démonte petit à petit jusqu’à la fin, avec des rôles durs et fort, ça à convaincu tout le monde.

Après les lectures, justement, l’idée m’est venue que c’était comme si des élèves en école de musique qui venaient de débuter se fixaient le challenge de jouer dans un mois un concerto de Mozart. Un petit concerto mais Mozart quand même. Il fallait qu’on en est conscience. Comme ça on gardait une ligne sérieuse dans le travail. Et toute la tâche a été de fouiller, extraire, puis vivre avec et ensuite le montrer tel qu’on a pu l’aimer, ce texte de Genet. A l’oreille ça a commencé par sonner très, très faux, surtout étant donné l’écriture, qui n’est pas vraiment naturaliste -pour aller vite – mais qui a comme son souffle poétique, très puissant et non accessible tout de suite. Ensuite nous l’avons vécu sur scène.
 
Il fallait tendre à se libérer le plus possible, accepter et supporter de se mettre dans des états, de les tenir, tendre à les reproduire jours après jours sur une base de personnages qu’on élaborait avec les acteurs. Tenter d’instaurer une rigueur, une discipline. Resserrer le groupe puis le laisser vivre, tout en restant pas loin au cas où. Beaucoup être à leur écoute (beaucoup de cogiteurs cette année, mais des bons cogiteurs). Les rassurer, leur insuffler foi, leur transmettre de l’énergie etc. Il a fallu communiquer de l’enthousiasme, de l’envie, du cœur. Mais j’ai du énormément canaliser, c’était vraiment une énergie forte mais dispersée, donc motivante mais insupportable quand on est dans le concret du travail et qu’on vise à créer. Surtout que cette ardeur ne pouvait pas être maintenu continuellement, il y a eu des relâches, du mou. Commencer sur une telle pièce, pour moi, c’est grâce / pour eux aussi – je crois. J’ai plutôt essayé de faire en sorte que cette ambition n’écrase pas.
 
Nous avons donc défriché le texte, les intentions, les personnages, comme des archéologues. C’était une imprégnation. Tout est apparu petit à petit. Pas tout mais déjà pas mal de choses. Ça a été une vraie recherche ensemble. Tous rajoutant leurs pierres. Très généreusement. Très motivés. Ensuite, la scène : jouer, vivre les situations, sentir tout ce qui se passe, l’atmosphère, les lourdeurs, les tensions, les détente etc. L’écoute aussi. Le contact, le rapport avec l’autre. Et pour finir, on peut dire qu’on a visé le dépassement. Qu’on aille le plus loin possible jusqu’aux limites des capacités de travail, des capacités actuelles.
 
Voilà le labeur d’un mois.
 
Pour moi c’était énorme. Beaucoup moins simple que prévu mais très fort. Je n’avais qu’un cap, une île, un port à atteindre, c’était de faire fonctionner une belle machine imparfaite mais pleine de feu, et le faire avec le plus de justesse, d’entrain, d’envie de ouf, et même avec une sorte de révérence, qui m’appartient à moi, tellement que j’aime Genet. »

« Pour… Pour… pour jouer un dernier sale tour aux flics, à la police, aux bourgeois, aux caves, un dernier sale tour : avec de la merde, avec leur merde, brouiller l’image trop belle qu’ils avaient de nous.»

Splendid’s, Jean Genet.


VENDREDI 25 & SAMEDI 26 À 20H30

THÉÂTRE DU GAI SAVOIR / 94, RUE DES CHARMETTES / 69006 LYON

ENTRÉE AU CHAPEAU

RÉSERVATIONS CONSEILLÉES AU 04.78.24.34.31

ecole@gaisavoir.org

Source : Le blog

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